Oser publier son livre : le rôle de l’accompagnatrice littéraire
- Pam Therrien

- 5 nov.
- 5 min de lecture
Je sais que beaucoup écrivent en silence.
Dans le creux d’un carnet qu’on referme dès qu’une porte s’ouvre.
Dans un fichier sans titre, caché dans un dossier qu’on ne partage avec personne.
On écrit parce qu’on en a besoin, parce qu’on ne peut pas faire autrement. Et pourtant, on garde tout cela pour soi, comme un secret trop fragile pour être montré.
Oser publier son livre semble alors un rêve lointain, un geste réservé à d’autres, à ceux qui «savent écrire», à ceux qui «ont le droit». Mais ce rêve ne disparaît jamais vraiment. Il revient le soir, quand on rouvre son texte «juste pour voir». Il murmure: et si c’était possible?
C’est pour ces voix-là que j’existe. Celles qui doutent, qui écrivent dans l’ombre, mais qui sentent que quelque chose en elles demande à naître. Mon rôle, comme accompagnatrice littéraire, c’est d’aider ces voix à prendre corps.
Pas en les transformant, mais en les révélant.
Pourquoi tant d’auteurs n’osent pas publier leur livre?
Oser publier son livre, c’est beaucoup plus qu’un acte administratif ou technique.
C’est un acte de vérité. Et se montrer dans sa vérité n’est jamais simple.
Je rencontre souvent des autrices et des auteurs qui me disent :
«Je ne suis pas sûr.e d’avoir le talent.»
«Je ne sais pas si mon histoire mérite d’être lue.»
«Et si on trouvait mon histoire plate?»
Derrière ces mots, il y a souvent la peur d’être jugé, la peur d’être vu. Écrire, c’est déjà se mettre à nu.
Publier, c’est accepter de ne plus pouvoir se cacher.
Mais il n’y a pas de honte à douter. Le doute fait partie du chemin de tout écrivain. Ce qui compte, ce n’est pas de ne plus avoir peur, c’est d’apprendre à avancer malgré la peur. Et c’est là que l’accompagnement prend tout son sens.
Ce que signifie vraiment « oser publier son livre »
Beaucoup pensent que publier, c’est simplement faire imprimer un manuscrit. Mais oser publier, c’est d’abord un chemin intérieur. C’est le moment où l’on cesse d’attendre «d’être prêt». C’est l’instant où l’on se dit : mon texte ne sera peut-être jamais parfait, mais il est vrai. Et cela suffit.
Oser publier son livre, c’est affirmer:
Je crois en la valeur de ce que j’ai à dire. Je crois que mes mots peuvent toucher quelqu’un.
C’est un geste de courage, de confiance et de reconnaissance envers soi-même. Et c’est ce que j’aide les auteurs à accomplir: passer du murmure à la parole claire, de l’intime à la transmission.
Le rôle de l’accompagnatrice littéraire: écouter la voix intérieure
On me demande souvent : «Mais au fond, que fais-tu exactement ?»
Ma réponse est simple : j’écoute.
J’écoute le texte, mais surtout la personne derrière le texte. Je lis entre les lignes, dans les hésitations, dans les silences, dans les mots qu’on n’ose pas écrire. Je ne corrige pas seulement, je traduis ce que l’auteur veut vraiment dire, parfois sans le savoir encore.
Mon rôle n’est pas de «réécrire à la place de», mais de faire émerger la voix authentique de celui ou celle qui écrit. Je suis là pour aider à comprendre le sens profond du projet, à trouver la forme juste, à donner confiance dans la singularité du ton.
Il y a dans chaque auteur une voix unique, mais souvent ensevelie sous les doutes, les comparaisons, les «il faut» et les «ça ne se fait pas». Mais je tends la main pour l’aider à remonter à la surface.
“Je ne change pas la voix d’un auteur. Je l’aide à s’entendre.”
C’est ça, l’essence de mon métier.
L’alchimie de l’accompagnement: du manuscrit au livre
Chaque accompagnement est un chemin singulier. Certains auteurs arrivent avec un manuscrit presque terminé, d’autres avec seulement une idée, une émotion, parfois une phrase. Peu importe le point de départ : on avance ensemble.
On explore la structure, la cohérence, la narration. On regarde ce qui sonne juste et ce qui bloque. On apprend à écouter le texte comme on écouterait une musique encore incomplète.
Mais surtout, on travaille sur le regard que l’auteur porte sur lui-même. Souvent, la réécriture est aussi un acte de réconciliation : avec ses mots, son histoire, sa légitimité.
J’ai vu des auteurs se transformer au fil de ce processus. Leur écriture se déploie, leur confiance grandit, et peu à peu, le livre trouve sa forme. C’est une alchimie lente et magnifique: celle de la voix qui se découvre.
Ce que publier change – en soi et autour de soi
Oser publier son livre, ce n’est pas seulement partager un texte. C’est se reconnaître soi-même comme auteur. C’est passer du secret à la présence.
Le livre devient alors un miroir. Il reflète le chemin parcouru. Il devient aussi une trace — une empreinte offerte au monde.
Et parfois, ce simple geste change bien plus qu’on ne le croit. Il inspire d’autres, il libère des mots qu’on croyait impossibles à dire. Il redonne confiance à ceux qui, à leur tour, écrivent en secret.
Publier, c’est ouvrir une porte, pour soi et pour les autres.
Oser publier, c’est aussi s’autoriser à être accompagné
Je sais que beaucoup d’auteurs ont du mal à demander de l’aide. On pense qu’écrire, c’est une aventure solitaire. Qu’un «vrai écrivain» doit tout faire seul.
Mais la vérité, c’est que personne n’écrit vraiment seul.
Chaque écrivain a besoin d’un regard bienveillant, d’un soutien, d’un écho. Non pour lui dire quoi faire, mais pour lui rappeler qu’il en est capable. L’accompagnement littéraire, c’est ce lien-là : un espace de confiance où la création peut grandir sans peur.
Je ne me tiens pas au-dessus de l’auteur, mais à côté de lui. Je marche à son rythme, je veille à ce qu’il ne se perde pas en route. Je suis là dans les doutes, dans les silences, dans les moments où tout semble flou. Parce que l’écriture n’est pas une ligne droite — c’est un mouvement vivant, fait d’avancées et de reculs. S’autoriser à être accompagné, ce n’est pas manquer d’autonomie. C’est reconnaître que ce rêve mérite un vrai soutien. C’est dire à son projet: je te prends au sérieux.
Et si c’était enfin le moment d’oser ?
Oser publier son livre, ce n’est pas un cap réservé à une élite. C’est un geste intime, courageux, humain. C’est décider que ses mots ont leur place dans le monde. Si tu lis ces lignes, c’est sans doute que quelque chose en toi le désire depuis longtemps. Peut-être que tu as commencé un manuscrit que tu n’as jamais terminé. Peut-être que tu n’as encore rien écrit, mais que l’idée te hante doucement. Ou peut-être que ton texte est prêt, mais que tu n’oses pas appuyer sur «envoyer».
Je veux que tu saches une chose: tu n’as pas à le faire seul.e. Mon rôle est d’être là, à tes côtés, pour t’aider à franchir ce pas. Pour t’écouter, t’encourager, t’aider à faire résonner ta voix avec justesse et confiance. Parce qu’oser publier son livre, c’est aussi oser se reconnaître digne d’être lue. Et cela, tu le mérites déjà.
Si ces mots résonnent en toi, je t’invite à faire le premier pas. Viens me parler de ton projet, de tes doutes, de ce rêve que tu portes en silence. Nous verrons ensemble comment le faire grandir, pas à pas, jusqu’à ce qu’il devienne ce qu’il est déjà au fond de toi: un livre vivant.







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